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Preparing wheat for milling

grains farine meunerie blé

La préparation des blés à la mouture intègre 2 actions principales :

  • Le nettoyage du grain
  • L’humidification du grain avant mouture.

En industrie, la première phase est effectuée par une succession d’étapes qui vont permettre de séparer le bon grain de tout le reste (autres graines, pailles et poussières, pierres, parties métalliques…). Les parties « dures » telles que les pierres et les parties métalliques doivent impérativement être retirées afin d’éviter d’endommager les appareils à cylindres constitutifs du moulin. Il ne viendrait à l’idée d’aucun meunier sérieux d’envoyer des cailloux sur les broyeurs. La même règle s’applique en mouture de laboratoire où, là encore, l’échantillon doit être nettoyé avant toute autre action. Un outil comme le Quatuor 2 est particulièrement adapté à cette tâche.

Les parties « broyables » sont le plus souvent composées d’autres graines qui sont retirées lors du nettoyage en fonction de leur taille ou de leur densité. L’objectif est de fournir une farine (ou une semoule) de blé la plus pure possible, sans y intégrer de graines étrangères qui peuvent, de plus, se montrer nocives à l’occasion (exemple de l’ergot toxique à forte dose et dont la teneur dans les céréales est réglementée en Europe).

Au-delà de l’impact économique direct qui pourrait résulter d’un mauvais nettoyage du blé en industrie, il faut aussi insister sur l’impact économique direct. Soyons clairs : 1 tonne de blé contenant 5% de saletés, c’est 5% de saletés achetées au prix du blé… Notre expérience montre que ces « salissures » peuvent parfois atteindre des niveaux très élevés, avec un coût direct pour les meuniers. Malgré cela, ce n’est pas à ce jour un critère d’acceptation des blés (ou de fixation des prix) couramment employé.

La deuxième phase consiste à « conditionner » le blé. L’objectif va alors être d’humidifier le grain afin de faciliter la séparation entre le son (la partie périphérique) et l’endosperme interne (l’amande farineuse) d’où est extraite la farine (Figure 1). Cette opération est essentielle pour obtenir le maximum de farine (le taux d’extraction) d’une qualité définie (par le taux de cendres). La quantité d’eau à ajouter va dépendre de l’humidité initiale du blé (plus il est sec, plus on devra ajouter d’eau, parfois en 2 opérations) et de celle à laquelle on veut moudre le blé (ce qui influencera directement l’humidité de la farine).

Figure 1 : Les différentes parties du blé  

Cette opération cruciale sera d’autant plus efficace que l’on travaille sur un blé propre. Toutes les poussières, pailles et autres matières étrangères auront un impact potentiel négatif en captant une partie de l’eau de mouillage, et réduisant d’autant l’efficacité de l’opération. Une fois encore, ce qui est vrai en industrie l’est aussi au moulin de laboratoire. Il est très important de bien nettoyer les blés avant de les préparer en vue de la mouture.

Une fois le contact entre le blé et l’eau établi, il faudra laisser à cette eau le temps de pénétrer au sein du grain. Cette durée varie en industrie entre 12 heures et 48 heures. Le choix dépend en grande partie du type de grain. Les blés « Hard », plus résistants à la pénétration de l’eau, nécessiteront un temps de repos plus long que les blés « Soft ».

Au laboratoire, nos essais sur LabMill (moulin de laboratoire) ont démontré qu’un temps de repos minimum de 12h était suffisant quel que soit le type de blé. Mais nous attirons l’attention du lecteur sur le fait que, pour une fois, ce qui se produit au laboratoire (diagramme de mouture très court + non recherche de l’optimum d’extraction) est différent des conditions industrielles. Par contre, il est plus que déconseillé de travailler sur des blés secs, que ce soit au laboratoire ou en industrie. Cela ne serait pas représentatif des caractéristiques du blé et produirait des farines impropres à l’analyse. Deux études complètes [1] sont à disposition à ce sujet.

En conclusion, il faut se rappeler de 2 points clefs :

  • Correctement préparer les blés à la mouture est aussi important en industrie qu’au laboratoire.
  • Moudre un blé sec et non nettoyé n’a pas de sens pour la production de farine « blanche ». Cette phase ne doit pas être négligée.

 

[1] Livres blancs : Impact de la procédure de conditionnement du blé sur le comportement du grain lors de la mouture et sur la qualité de la farine au niveau du laboratoire. Partie 1 : Effet du taux d’humidité final ; Partie 2 : Effet du temps de repos. Arnaud Dubat, Jayne Bock, CHOPIN Technologies 2019

 

 Labmill

 Quatuor 2

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